27/03/2019 : Je veux – Zaz

Je regarde une émission enregistrée sur France 5 (les émissions de France 5 sont vraiment super géniales, bien foutues, intéressantes et patati et patata) et vers la fin les participants chantent « je veux » de Zaz. J’ai toujours adoré cette chanson, et, j’ignore si j’ai osé le dire à quelqu’un à l’époque, mais je ne comprenais pas « Donnez-moi une suite au Ritz, je n’en veux pas  » mais « donnez-moi un clitoris, je n’en veux pas ». Rhooooooooooooooooo. J’ai de suite pigé que je me trompais, elle ne pouvait décemment pas chanter ces mots là, mais j’ai continué à entendre ça. Incroyable cerveau, qui fait que je me souviens de ça parfaitement, alors que chaque fois, je dois penser plein de minutes pour parvenir à dire « assiette ». Ouais, je sais, ça s’appelle le clitoris, oups non pardon, l’aphasie.

Donnez-moi une suite au Ritz, je n’en veux pas!
Des bijoux de chez Chanel, je n’en veux pas!
Donnez-moi une limousine, j’en ferais quoi, papalapapapala
Offrez-moi du personnel, j’en ferais quoi ?
Un manoir à Neufchatel, ce n’est pas pour moi
Offrez-moi la Tour Eiffel, j’en ferais quoi, papalapapapala

 Je veux d’l’amour, d’la joie, de la bonne humeur
Ce n’est pas votre argent qui f’ra mon bonheur
Moi j’veux crever la main sur le cœur, papalapapapala
Allons ensemble, découvrir ma liberté
Oubliez donc tous vos clichés, bienvenue dans ma réalité

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24/03/2019 : glups

J’ai de la chance d’être en vie, dans un était de merde mais en vie.

Moi je peux le dire mais ceux qui me le disent se prennent une baffe, je ne supporte pas qu’on me dise que « je m’en sors pas trop mal », on va jouer à « vie ma vie » ok ?

Article du site rtl : France : un enfant de deux ans meurt écrasé par une voiture, le chauffeur prend la fuite

Un petit garçon de deux ans et demi est mort accidentellement samedi à la mi-journée à Lunéville (Meurthe-et-Moselle) après avoir été écrasé par un véhicule, qui a pris la fuite, a-t-on appris auprès du procureur de la République et des pompiers.

« Le jeune garçon né en 2017 était sous la garde de sa grand-mère. Il avait échappé à vigilance de cette dernière alors qu’elle était chez le coiffeur et que la porte du salon avait été ouverte », a expliqué le procureur de la République de Nancy, François Pérain.

L’enfant est tombé entre deux véhicules, dépassant sur la chaussée et « une camionnette blanche circulant normalement sur sa voie de circulation est passée sur le corps de l’enfant et aurait pris la fuite en accélérant », a poursuivi le procureur.

L’enfant était en arrêt respiratoire à l’arrivée des secours et a été déclaré décédé sur place malgré les tentatives de réanimation cardio-pulmonaire, ont indiqué les pompiers.

Une enquête a été ouverte pour identifier l’auteur de cet accident mortel et la vidéo-surveillance de Lunéville est en cours d’exploitation.

 

24/03/2019 : mon ouvrage au point de croix que j’ai fini ce matin

Je saaaaaaaaaaaaaaais, j’ai pas fait les moustaches, je préférais sans. Et maintenant que j’y pense… mes chats n’en ont pas, un acte manqué ?

Je l’ai mis dans un cadre ikéa (y’avait pas un cadre carré, mais c’est ma couleur, c’est du plastique non du verre, c’est pas cher et c’est livré à domicile).

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4/3/2019 : c’est kwaaaaaaaaa la cérébrolésion ?

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Non passque sérieusement, qui sait ce que c’est ?

Avant d’être renversée par une tuture, je ne savais même pas que ça existait ! Pour moi, on naissait avec un super ou un mauvais cerveau, point barre. Bien sûr, y’avait l’Alzheimer, cette merde de maladie qui bousille le cerveau, mais à part ça… Moi j’étais née avec un cerveau bien foutu, j’avais une bonne mémoire durant mes examens, et au bureau je m’en sortais. Donc ça allait, et je ne posais pas de questions. Niveau cerveau je veux dire car je me posais d’autres questions sur le sens de la vie, sur la vie après la mort, sur que manger ce soir.

Puis j’ai appris, bien malgré moi, que la cérébrolésion existait et que j’en étais atteinte, suite au trauma crânien causé par l’accident dont j’ai été victime.

Un site très bien fait explique le pourquoi du comment : http://www.cassetete.tv/cerebrolesion.php

« Notre cerveau est un merveilleux ordinateur, qui coordonne, séquence et ajuste en permanence toutes nos actions simples, pour permettre la réalisation d’actes complexes et l’ajustement au quotidien à tout imprévu, tout ceci coordonné par notre mémoire. Lorsque le cerveau est blessé au niveau du cortex préfrontal, on parle de syndrome dysexécutif : l’organisation des actes complexes est perturbée et rend difficile l’exécution d’actes de la vie quotidienne : tâches ménagères comme la cuisine, les courses, la gestion de la vie administrative, amicale, sociale, et professionnelle… Combinée à d’autres séquelles cette situation rend les personnes dépendantes de leur entourage pour toute organisation et planification. »

J’ai regardé les vidéos, je ne me retrouve pas trop dans la situation de Flavie, qui oublie tout, ne sait plus trop cuisiner (bon, je ne savais pas cuisiner avant donc rien n’a changé), mais à fond dans la situation de Cédric : mon caractère a changé, par exemple je ne suis plus timide du tout, je me retiens sinon je causerais à tout le monde. Cédric voyait double, mais il a de la chance c’est passé, moi c’est à vie. Il a dû tout réapprendre, comme moi : marcher, être propre, comme un bébé de quelques mois quoi

Moi en plus je dis tout le temps « merde », bien plus qu’avant. C’était déjà pas un gros mot pour moi avant, mais maintenant ça fait partie de mon vocabulaire.

Ouf, je ne souffre pas d’anosognosie (avoir en tête plein projets irréalisables vu la lésion), par exemple j’ai conscience que conduire à nouveau serait un danger pour les autres (ça tombe bien, je n’ai plus le permis, ben oui quoi, c’est moi qui suis renversée comme une merde sur un passage piétons, et c’est moi qui perds mon permis de conduire, va comprendre – ooooooh ça va, je comprends que c’est pour protéger les autres, mais c’est bizarre non ?)

Et je lis ça, oups : « Différentes études ont montré qu’une personne sur trois victime d’un traumatisme crânien développait un état dépressif majeur. Selon d’autres études, il y aurait un lien entre des lésions antérieures gauche du cerveau et le risque de dépression. Mais d’autres facteurs concourent à la survenue d’un état dépressif comme : la conscience de la sévérité du handicap, l’abus de substances et d’alcool, la perte de travail ou encore l’isolement social. Enfin ce risque est plus élevé chez les femmes. »

Clair que j’ai bien plus conscience de mon handicap maintenant qu’à William Lennox il y a trois ans. Je réalise la galère, même si oui, j’ai récupéré une certaine autonomie (me disent les valides à 100 %, ça me saoule, facile à dire mdr).

 

4/2/2019 : atelier d’écriture du samedi 16 février 2019 (part one) : L’autre moi

Le 16 février dernier, je suis allée à une journée d’atelier d’écriture près de chez moi, sur le thème du « corps », ça me parlait beaucoup, bien sûr je me disais « je vais écrire sur ceci, sur cela, sur ça » et puis j’ai rien fait de ce que j’avais prévu of course, car j’ai suivi les directives de l’animatrice, et c’était bien mieux. J’étais épuisée par cette journée, mais ravie. Je commence à taper mes écrits, voici le premier :

 

J’ai toujours pété la forme. Proute. Toute ma vie. 42 ans durant, je vivais mon existence au jour le jour. Puis paf. Comme paf le chien. Enfin ici, plutôt comme paf le chat, animal adoré de l’autre. Oui, je l’appelle l’autre. C’est pas bien, mais tout bien réfléchi, elle est la seule responsable de ce qui m’est arrivé. Du fait que tout d’un coup, je n’ai plus pêté la forme, que du contraire. Mon existence s’est arrêtée d’un coup, le 20 décembre 2014. Nan, je ne suis pas morte, elle non plus. L’autre. Mais finalement, c’est peut-être pire. Enfin, ça c’est ce que j’ai pensé au début. J’imagine. Je ne sais plus trop. Je crois. Quatre ans déjà tout ça. Quatre ans seulement. Je fais tout pour repéter la forme comme avant. En vain. Ou enfin. Ça ne s’écrit pas pareil. Et ça ne s’interprète pas pareil. Mais je fais tout. Je me bouge. Comme on dit. Et ça me fait bien rire. Enfin, rire jaune. Car bouger est le plus dur pour moi. J’y parviens, mais comme un escargot malade, comme je dis toujours. Ça me saoule grave d’être un escargot, même si escargot, c’est super bien choisi, car c’est l’emblème de ma ville.

Je n’éprouve aucune honte. Si en plus j’avais honte de ce qu’elle a fait de moi, imaginez le drame supplémentaire. Un drame dramatiquement dramatique, comme elle aurait dit avant. L’autre. Enfin l’autre de l’autre. Car son truc, là haut, le cerveau je crois que ça s’appelle, il va mieux lui. Oui, mieux. Il a subi le même genre de truc que moi, mais il va mieux.

C’est trop injuste, comme aurait dit Caliméro.

Mais c’est comme ça.

C’est dégueulasse.

La vie est dégueulasse.

La vie est belle.

La vita è bella.