30/10/2018 : ma couv’

couverture avant cdl - volume 3 Copie - Copie (2) - Copie

J’ai refait ma couv, ça m’a pris 2 heures, j’ai pas encore déjeuné…

Et ma présentation : Anaïs Valente est née à Namur dans les années 70, elle n’est pas tombée dans l’écriture durant l’enfance, mais grâce à la création de son blog en 2006. Rapidement, elle collabore à un journal belge, 7dimanche, puis au journal La Meuse, ensuite à l’hebdo féminin Flair et au mensuel 7dimanche.

En 2014, elle traverse un passage piéton et est renversée par une voiture. Elle survit à la mort, est opérée, trépanée, et reste neuf mois en revalidation à William Lennox, où elle réapprend à parler, marcher et tout simplement penser.

Ce livre est le recueil de ses nouvelles parues chez Chloé des Lys avant son accident, de ses nouvelles inédites (la moitié), précédé de ce qui lui est arrivé, dont les droits d’auteur sont reversés en totalité à l’asbl GEH, Groupe d’Entraide Hémiplégiques, connue grâce à Martine, dont Anaïs a fait la connaissance à William Lennox, où elle était infirmière de nuit. L’asbl lui a permis notamment de retourner à Pairi Daiza en 2018, où a été faite la photo de couverture (main d’Anaïs et d’un lémurien).

Œuvres de la même auteure :
– « Anti Saint-Valentin », collectif, 2008
– « La célib’attitude des paresseuses », 2009, Marabout /Hachette
– « Le Savoir écrire pour les filles », 2009 Micro applications éditions
– « Les bons plans pour les filles », 2010, MAéditions
– « Nunya », collectif, 2011, Éditions Plumes2coeurs
– « Manuel de survie : célibataire et fière de l’être », 2012, Tournez la page
– « Drôles de familles », 2013, Tournez la page
– « Planète célibataire », 2013, L1
– « Le savoir écrire pour les filles », seconde édition, 2013, L1
– « En direct du paradis, enfer compris », 2013, L1
– « Les crapauds de Lucie », 2013, L1

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29/10/2018 : c’est un grand jour !

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Ce 29 octobre 2018, j’ai fait mon premier cake depuis le 20/12/2014 !

J’ai toujours détesté cuisiner, je ne cuisinais pas sauf quelques desserts, miam miam : cake, mousses au chocolat et ce que j’adorais : des tiramisus spéculoos. Mais je n’avais plus rien fait depuis mon retour, et honnêtement, je ne pensais plus rien faire : pas passionnant et trop dur de rester debout dans ma cuisine.

Mais aux Jambiens, on peut amener quelque chose à manger, à partager pour son anniversaire, et ça m’a donné envie de le faire. Mais j’ai vite compris qu’amener un truc non fait par bibi, ce serait bof bof. Donc, comme mon birthday approche, je me suis dit qu’il serai bien de faire un essai.

Ce jour, j’ai donc fait un cake. Merciiii Fanny pour la recette.

Après des courses au Delhaize, où j’ai mis un temps fou à trouver du sucre hors de prix qu’on peut cuire (stévia et sucre sans sucre), des pommes pink lady (sur internet, j’ai vu que c’était des pommes à cuire qui ne se transforment pas en compote), du lait, du beurre et j’en passe (mon but est de faire un cake et de tester le gâteau aux pommes que j’avais fait en maternelle : recette hyper simple, sans balance : 2 pommes, un verre de lait, un verre de sucre, un verre de farine, mélangez, cuisez), je suis rentrée chez moi.

Je suis alors restée ½ heure debout dans ma cuisine à faire la pâte, ça m’a semblé dur et long, et mélanger avec la cuillère, de ma bonne main pourtant, m’a paru très très difficile.

Ensuite, quand ce fut près (l’avantage est que je ne vois pas si la farine fait des grumeaux, je verrai à la dégustation) plus moyen de démarrer le four (c’est un combiné four-micro ondes et je n’utilise que le micro ondes, mais la il me fallait le four. Merde. Je savais où étaient tous les modes d’emploi des électros de ma cuisine, ouf, mais j’ai vite réalisé qu’il fallait avoir fait 5 ans d’études (ou ne pas être cérébrolésées) pour piger celui du four. Galère totale. J’y suis parvenue, et mon cake a cuit. J’ai remplacé le sucre par du sucre pour diabétique, et comme ils disent que le pouvoir sucrant est plus élevé, je n’ai mis qu’un tiers de la recette. Ça m’a rappelé ma grand-mère qui modifiait toujours les recettes : moins de sucre, moins de gras, moins de chocolat… finalement, moins bon quoi !

J’ai laissé refroidir le cake et je viens d’en mangé une tranche, avec de la confiture maison de Catarina, ma voisine, avec les fruits (groseilles je crois) de son jardin de Jambes. Et ben ce fut un régal. Bon, comme tout me semble bon maintenant (sauf les choux de Bruxelles), je suis peut-être pas fiable, mais ce cake, rhaaaaaaaaaaaaaaaaaa (sans sucre en plus, yesssssssssss).

Rassurez-vous, pour les Jambiens, je mettrai du sucre. Et demain ou après-demain je teste le gâteau aux pommes de mon enfance.

 

 

25/10/2018 : mon aquarelle d’hier, vous avez deviné ce que c’est ?

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C’est tiré d’une photo (on devait en apporter) que j’avais faite en croisière, je vous mets l’originale en dessous, je n’ai pas fait les bateaux of course.

J’ai adoooooooooooorré cette après-midi aquarelle, merci à tous les participants, à Mathilde d’Article 27 et à Patricia la prof (yesss, je me souviens des prénoms).

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texte écrit par bibi pour « Histoires à mourir de vivre »

couverture avant cdl - volume 3 Copie - CopieToujours relativiser

 

« Toujours relativiser ». Tel était son leitmotiv depuis des années.

Il a relativisé quand il n’a plus pu exercer son métier, car les lois l’interdisaient. Il l’adorait, son métier de cordonnier. Rien de hautement intellectuel, mais il s’y adonnait avec passion. La passion de bien faire, de redonner vie à une paire de galoches malmenées par leur propriétaire. Il s’est dit, pour se consoler, qu’il n’était pas seule victime de cette injustice. Son médecin l’était. Son voisin avocat l’était. Son boucher l’était. Tous solidaires face à l’absurdité de leur monde.

Il a relativisé lorsqu’il a été bastonné, un soir, en rue, sans raison, par six hommes, lesquels n’ont pas prononcé un mot, se contentant de le démolir le plus possible, sans pour autant le tuer, mais presque. Ils n’ont rien dit, mais il a compris. Cordonnier, mais pas débile. Personne dans la rue n’a bronché, personne n’a osé. Il s’est dit, pour se réconforter, que ce genre d’attaque était le fait de quelques révoltés, que ses voisins, auparavant amis, ne pouvaient devenir ennemis, voire meurtriers en puissance, pour une histoire de religion.

Il a relativisé quand il a dû décorer ses tenues vestimentaires de deux triangles jaunes, en forme d’étoile. Il n’aime pas se distinguer, en bien comme en mal d’ailleurs. Mais après tout, rien de grave en soi, juste une nouvelle petite loi. Anti-rat. Anti-vermine.

Il a relativisé quand il a été contraint de marcher plutôt que de prendre le tram, pour aller à la bibliothèque… ah non, la bibliothèque lui est interdite, tout comme le tram. Il s’est dit, pour se calmer, que ça tombait bien, finalement : plus besoin du tram, puisque plus possible d’aller à la bibliothèque.

Il a relativisé lorsqu’il a dû déménager dans le ghetto, suite à la réquisition de son appartement pour une famille « bien sous tous rapports », ce qu’il n’était pas.

Il a relativisé lorsqu’on l’a envoyé bosser dans un camp. Un camp de travail, disaient-ils. Un mouroir, oui. Seules ses capacités à réparer les godillons l’avaient sauvé. Il était utile. Tant qu’il l’était, le risque de se prendre une balle dans la tête était moindre. Pas nul, mais moindre.

Alors, il relativisait, encore et toujours…

Mais comment relativiser lorsque plus aucun retour en arrière n’est permis. Lorsque l’espoir a disparu. Lorsque tout s’écroule définitivement, inexorablement, lorsque la vie ne tient qu’à un fil, lorsque la balle du SS est en permanence à portée de pistolet, lorsque la seule couleur envisageable, hormis le noir, le gris, le noir, le noir, le noir, le noir, est le jaune, celui de cette étoile qui gangrène son uniforme strié de blanc et de bleu sale, celui qui gangrène toute sa vie. Symbole de ces années d’enfer et de souffrance.

« Toujours relativiser », se répétait-il le matin, sortant les cadavres de la nuit, le midi sans repas, orientant les nouveaux arrivés à droite ou à gauche, selon leur capacité à survivre ou non, critères allemands obligent.

« Toujours relativiser », se répétait-il le soir, en se couchant, épuisé par cette journée, mais finalement heureux d’être encore en vie, d’avoir reçu ses 334 calories quotidiennes, de pouvoir plonger dans ce sommeil sans rêve.

Sans rêve ? Pas toujours. Cette nuit, il rêva de chocolat. Jamais on ne se lasse du chocolat. Jamais on n’oublie le chocolat, même après huit mois de navets et de patates. Le chocolat chaud de sa mère, qui pansait ses blessures de gamin. Un rêve aigre-doux. Un rêve comme une caresse. Celle de l’enfance. Un rêve qui jamais ne deviendrait réalité. Le chocolat, peut-être, mais sa mère, jamais. Il la savait apaisée désormais. Car morte. Il n’en avait aucune preuve, mais il la savait incapable de survivre à une journée dans un camp tel que celui-ci. Il espérait qu’elle ait été orientée dans la file de la solution finale immédiate. Adieu la souffrance. Il en rêvait. Un rêve comme une gifle. Celle de la réalité holocaustienne. Celle du froid, aussi, une fois la porte ouverte par le kapo hurlant « schnell schnell ».

Et une nouvelle journée sans couleurs qui commençait. Une journée sans amitié aussi. à Auschwitz, point d’ami. Pas le temps. Il avait déjà perdu sa famille. Toute sa famille, pas uniquement sa mère. Perdue de vue. Perdue de vie aussi, il le sentait. Nul besoin de s’attacher alors inutilement à quelqu’un qui risquait de disparaître, paf, d’un coup de crosse, d’un coup de feu, d’un coup de typhus.

« Secouez vos puces », hurla le kapo d’une voix agressive, le sortant de sa légère torpeur, « bande de juifs, bande de parasites immondes, bande de ras puants ». Alors, il accéléra le pas vers la rampe, ne pas sortir du rang, baisser la tête, se faire le plus petit possible. Même si, tout au fond de lui, là, dans son cœur, dans ses tripes, il était grand. Il n’était pas ce parasite immonde. Il était juif. Juste juif. Ah ben voilà, il repartait dans sa torpeur, comme si c’était le moment, alors que le train suivi de ses wagons à bestiaux puants entrait en gare. Les chiens grondaient déjà d’impatience. Les portes s’ouvrirent et le flot humain se déversa sur le quai. Le tri commençait à peine qu’il la reconnut. Sarah était plutôt discrète, mais il la reconnut. Sarah, c’était les couleurs de sa vie. Sarah, c’était la saveur du chocolat. Sarah, c’était son passé, ses joies, sa vie. Sa vie d’avant. Sauf que Sarah était une femme. Sa femme. Du moins dans ses rêves les plus fous. Mais ici les femmes n’avaient pas leur place. Elles étaient toutes, sans exception, destinées à la file de gauche. Celle des vieillards, des enfants, des femmes.

Alors, il lui prit tendrement la main, s’assurant qu’aucun SS ne pût le voir, il croisa son regard et, silencieusement, tenta d’y faire glisser toute la tendresse du monde, celle qui avait dû lui manquer depuis tant d’années de souffrance et de répression.

Il ne sut pas si elle le reconnut on non, mais il sut que, pour ses dernières minutes de vie ici bas, elle avait reçu une dose d’amour, par une simple pression de sa main. Un bref instant, il lui avait rendu vie, comme il le faisait si bien aux vieilles galoches. Alors, il se dit que c’était sans Sarah. Qui, dans quelques instants, en aurait fini de cet enfer. Et il pensa « nous sommes programmés pour être bons, non ? » Non ? Non !

« Toujours relativiser », conclut-il, poussant tendrement Sarah vers là-bas, vers la chambre à gaz.

 

11/10/2018 : expertise et Handicap et Mobilité

Ce jour, je reçois un courrier fixant enfin la 4e expertise judiciaire (et j’espère la dernière car j’en ai marre, je vais lancer des malabar ! Ne comprendront que les vieux de mon âge) le 26 février 2019. Pensant que c’est ce mois-ci, vu que je crois qu’on est en février, car je ne sais jamais quand on est malgré mon agenda, mon calendrier papier et mes deux thermomètres électroniques qui indiquent la date, je me dis « waaaaaaaw c’est déjà dans 15 jours, faut que je réserve chez Handicap et mobilité ». Ouiiiiiiiiiiiiiiiii, je saiiiiiiiiiiis, c’est devenu Cap Mobilité.

Donc j’appelle Handicap et mobilité et je dis « bonjour, je souhaite réserver un trajet pour le mardi 26 février ». Elle me répond « de quelle année ? » Je me dis « purée, elle est conne ! » et je dis « ben de cette année » et elle répond « février de cette année est passé, c’est donc pour 2019 »

Aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaah ouiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii la pièce tombe, voilà pourquoi il était mis « 2019 » sur la lettre, je me disais « on est en 2018 non ? »

Cerveau blond.

Je me confonds en excuses car il est beaucoup trop tôt pour réserver et je raccroche. La honte !