J’ai testé la gaine de l’an 2000, ou le highwaist shaper panty

Ouais, je sais, on est en 2010, j’aurais donc dû écrire « j’ai testé la gaine de l’an 2010 », mais ça sonne moche non ?

J’ai toujours été en admiration devant ces gaines miraculeuses supposées donner la taille mannequin même à Obélix.  Ben oui, je crois aux miracles moi, je veux croire que je peux manger un triple swiss au Quick suivi de churros bien sucrés le tout arrosé d’un coca (light), sans prendre un gramme, je veux croire que je peux garder le poids de mes 18 ans jusqu’à mes 81 ans, après tout les chiffres sont similaires, et je veux croire qu’une gaine, quel que soit le nom qu’on lui donne actuellement, ne va pas se contenter de faire effet « vases communiquants », savoir « quand tu écrases le gras là et là, il ressort impérativement juste au-dessus, y’a pas photo ».

Oui, je veux croire aux miracles.

Alors j’ai voulu tester le « luxury shapeware cass », c’est son nom.  Ça a la couleur d’une gaine, ça a l’aspect d’une gaine, mais ça n’a pas (ou plus) le nom de gaine, comme le Canada Dry. 

Tout d’abord, me vlà confrontée à un choix cornélien : lequel choisir, passqu’il y a tout un tas de modèles, qui portent tous des noms imprononçables à la suédoise, sauf que c’est en anglais.  J’hésite donc entre le highwaist shaper panty, qui, comme son nom l’indique, est un panty, soit un genre de cycliste qui remonte jusqu’au nombril, et le bodysuit qui, comme son nom ne l’indique pas, est un genre de top.  Passque je sais où mon gras se localise : sur le bidou, sur les hanches et dans le dos, même que ça fait un petit bourrelet, enfin plein de petits bourrelets autour du soutien-loches.  Donc pour moi, faudrait le highwaist shaper panty bodysuit en fait, qui irait des épaules aux genoux, mais y’a pas.  Alors je me dis que le bodysuit serait parfait, d’autant que je dois vous faire des photos, et je préfère montrer mon dos que mon cul, tout bien réfléchi.

Et je commande le highwaist shaper panty.  Cherchez pas à comprendre, chuis blonde et distraite. 

Par contre, je le choisis noir, passque ça fait plus moderne.  Et puis la couleur chair, rien à faire, ça rime avec grand-mère. 

Et je le reçois couleur chair-grand-mère.  Cherchez pas à comprendre, doit y avoir une blonde distraite par là-bas aussi.

Donc c’est chair.  Et c’est super étroit.  Normal, sans doute, faut que ça serre le gras.

Je l’enfile donc un beau matin, à l’heure où mon bide ne me fait pas encore ressembler à une femelle éléphant (une éléphante ?) en fin de grossesse.  Bon, faudrait un chausse-fesses, ça serait plus facile, mais j’y arrive.  Je l’enfile sous un jeans qui me fait de jolies jambes.  Et je réalise que j’ai vraiment mal choisi, car mes jambes sont minces, y’a rien à aplanir, donc si je fais des photos avant-après en jeans, on verra rien.  Je vais devoir m’y coller en caleçon, enfin en legging, comme on dit maintenant, le terme est plus joli, même le résultat est tout aussi moche sauf si on camoufle avec une petite robe ou une tunique.  Anaïs, ma pauvre Anaïs, dans quoi t’es-tu lancée.

Je m’admire dans la glace mais ne remarque pas de différence frappante.  Mes cuisses sont toujours aussi fines, mon postérieur toujours aussi celluliteux, mon bourrelet de gauche toujours visible, mon bourrelet de droite aussi, mon bidou toujours heureux de vivre.

Je pars ensuite bosser.  En marchant, je me dis que mon jeans est vachement serré, que c’est nin possip d’avoir tant grossi.  Puis je me souviens que je suis engoncée dans ma gaine mon highwaist shaper panty.  Ça serre (j’avais écrit « ça sert », quand je vous dis que je suis distraite).

Jusque 10 h, tout va bien.  Même si personne ne me dit « tchuuuu, t’as fondu toi, depuis hier ».  Et pour cause, on voit pas de différence.  Mais je suis en jeans, peut-être qu’avec un legging et une tunique près du corps, je serai métamorphosée…

Ensuite, j’ignore si c’est l’heure à laquelle je commence à ballonner ou si c’est le hightwaist shaper panty qui se détend un peu à force de tenter de me « contentionner » (comme les bas de contention quoi), mais au niveau du ventre, il se met à rouler sur lui-même pour faire un petit amas de tissus bien rebondi à hauteur du nombril, ce qui me donne l’air encore plus replète du bide.  Et c’est vraiment pas agréable.  A plusieurs reprises, je tente de le remettre en place, mais dès que je m’assieds sur ma chaise de bureau et que je respire, c’est reparti pour un tour d’enroulement.  Rester debout, je veux bien, mais arrêter de respirer, je m’y oppose.

Le soir venu, j’enlève mon attirail, un peu déçue.

Mais le pire reste à venir.

Je dois faire des photos, je l’ai promis.

Sauf que j’avais pas pensé à un insignifiant petit mini détail : faire une photo de mon postérieur en legging, toute seule, ça va être complexe.  Bon, y’a bien le programmateur de l’appareil, mais ça me botte peu, j’en ai pour des heures.

Seule solution : trouver une personne de confiance qui fera les photos.

Et quand je dis personne de confiance, j’entends personne de CONFIANCE, passque se faire photographier le popotin avec et sans highwaist shaper panty, en legging noir, bourrelets inclus, c’est relativement humiliant.

Enlevez le « relativement ».

Alors je trouve une personne de confiance, à qui je fais promettre de ne jamais jamais jamais révéler combien mes fesses sont immondes et mon bourrelet de droite, ainsi que celui de gauche, difformes.    Je lui fais signer une clause de confidentialité, elle s’engage à me remettre les négatifs (oui, bon, c’est du numérique, mais vous voyez le topo quoi) et le moment le plus humiliant de ma vie commence.

Pas la séance photos en elle-même, non, car on a ri comme des baleines durant tout l’épisode, ri du comique de la situation, ri de l’avant-après pas flagrant, ri de mon legging transparent, ri du flash de l’appareil qui montre ma culotte jaune (a-t-on idée de mettre du jaune pour une séance photo), l’étiquette du legging et même un peu de cellulite.  Beaucoup ri.  Mais pour le reste, humiliant.  HUMILIANT je vous dis.

En plus, le pire restait à venir : une fois chez moi, j’ai dû revoir les photos, en big méga format de la mort qui tue.  L’horreur.  Là, j’ai réalisé qu’en effet, ça atténuait un peu mes bourrelets.  En effet.  Pas totalement, mais un peu.

Mais je vous le dis : voir ces photos, me voir de dos, voir un tel résultat, ben ça m’a donné une seule envie : prendre rendez-vous pour une liposuccion. 

Vite.

Y’a un chirurgien dans la salle ?

Verdict : je ne suis pas totalement convaincue, la gaine de l’an 2000 est trop serrante pour être confortable, mais pas assez pour faire totalement disparaître mon gras.  Bon, niveau fesses, j’avoue ça camoufle un peu la cellulite, et niveau bourrelets, ils sont un peu moins voyants, donc ça peut être utile sous une tenue hyper moulante.  Mais je trouve que c’est pas assez efficace.  Faut souffrir pour être belle, ok.  Alors je veux bien porter le highwaist shaper panty sous mes fringues, être serrée et avoir un bourrelet de tissu sur le nombril, à condition qu’il supprime totalement mes formes, comme sur la photo de démonstration, passque là, ben la madame, elle a plus ses bourrelets.

Vous voulez voir mes photos… mouahaha, disparues les photos, et j’ai détruit les négatifs (ça vaaaaa, je sais qu’il y a plus de négatifs à l’ère du numérique, mais façon de parler quoi).

Illu d’Hystericmum, dont les sous-vêtements, eux, sont bien mimis.  Un blog à découvrir !

 

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J’ai testé « cesse de te regarder le nombril durant quelques heures »

Quand j’étais gosse, j’adorais Noël, fête de famille par excellence : la crèche et ses véritables santons de Provence, le sapin décoré de boules kitsch et multicolores même qu’on n’en fait plus des pareilles actuellement et c’est tant mieux, le repas festif durant lequel je ne mangeais rien car étant gosse j’étais une chieuse de première (ça a bien changé niveau bouffe, ça n’a pas changé niveau chieuse, dommage, l’inverse eût été préférable), l’ambiance, les cadeaux et parfois la messe de minuit.

Maintenant, j’aime plus Noël, fête de famille par excellence.  Passque, même si famille doit être entendu au sens large, pour moi Noël, c’est la fête de « sa » famille, savoir son mari et ses enfants, inclus dans le package, sans oublier le chien, le chat, le canari et le poisson rouge.  Sans famille donc, j’aime plus Noël.

L’an dernier déjà, j’avais décidé de me rentre utile à Noël, plutôt que de regarder mon nombril durant tout le réveillon en me lamentant sur ma petite vie sordide sans mari sans enfants sans chien sans chat (quoique) sans canari et sans poisson rouge.  J’avais donc contacté les Restos du Cœur.  Deux fois.  Zont jamais répondu.  Confirmation fut faite : les Restos du cœur, c’est nul, zont pas de cœur.

Cette année donc, j’ai abandonné les Restos du Cœur qui répondent pas et se foutent totalement des propositions de bénévolat, et j’ai trouvé autre chose à faire : Noël pour tous.  Ça dit ce que ça dit, le but est d’offrir un Noël digne de ce nom à tous ceux qui n’en ont pas les moyens, tant qu’à faire.   

Résumé de ces deux jours noëllesques pas comme les autres.

16h.  Je dois m’habiller.  Cornélien.  Ne pas avoir l’air « débraillée ».  Mais ne pas avoir l’air « guindée ».  Ne pas cailler.  Mais ne pas être frigorifiée.  Galère de galère, pire que pour un réveillon « classique ».

17h.  La soirée commence tôt, avec un briefing pour tout le monde :

– explication du déroulement de la soirée,

– apprentissage de la chanson d’accueil à chanter aux 230 invités attendus, qui me fout la larme à l’œil, ça commence bien (et puis rhaaaaaaaaa faut chanter ? on m’avait pas dit que fallait chanter ! veux pas chanter moi !),

– découverte du menu – apéritif et zak, mousse de saumon et son toast aux tomates séchées, potage au potiron et lait de coco, civet de biche, poire et purée de chais plus quoi, chicons je pense, assiette de desserts, lasagnes pour les mioches-  ça y est je bave j’ai faim très très faim (et je pense à ce que j’ai apporté comme en-cas, une tartine à la confiote de fraise… pour un réveillon de Noël, c’est ça être bénévole ma bonne dame, réduction absolue de calories au programme, réveillon le moins cher du monde, aussi),

– répartition des tâches : nous avons opté pour la plonge et l’animation enfants – sacrebleu, pourquoi l’animation enfants, je sais pas animer moi, et puis j’aime pas les enfants moi, et puis je veux rentrer chez moi, moi, et réveillonner seule avec mes cuisses de grenouille à l’ail en pleurant sur ma triste vie de PDF (pas d’amoureux fixe),

– et au boulot…

18h.  La salle est joliment décorée, avec sapin, nappes vertes et tout le tralala.  Y’a même un genre de DJ prêt à lancer des CD de Noël, et une housse rectangulaire qui me fait l’effet de contenir un piano, enfin un synthé ou quelque chose du genre.  Etonnamment, quand je vois un piano, maintenant, je ne me sens plus, même si je suis incapable de réellement jouer quelque chose.  C’est comme une attraction, comme un coup de foudre permanent, une envie de toucher, de caresser (j’ai ça aussi quand je suis amoureuse, tiens, en y songeant bien).

18h15. Les premiers invités arrivent, bien en avance, mais c’était prévu, et ça nous permet de lancer réellement la fête.  Nous sommes censées nous occuper de la vaisselle, mais y’a un lave-vaisselle, et les premiers temps, y’a nin de vaisselle, donc les tâches sont diverses et variées.  Pour ma part, je déambule entre les tables, une bouteille de Coca dans une main, une de Fanta dans l’autre, et je sers tout qui a soif.  Dans mon enthousiasme délirant, je forcerais bien chacun à boire, boire et boire encore, mais je ne peux.  J’aime ça, tiens, servir à boire.  Faire un sourire, remplir le verre d’un enfant, malgré, parfois, l’absence d’un merci, d’un simple regard parfois, malgré les réflexions un peu brusques, parfois.  Un merci, un sourire, un regard… compensent tout.  Je suis dans mon élément.

19h45.  Le moment fatidique du chant a sonné, et je me rapproche du grand drap rouge qui reprend les paroles apprises peu de temps auparavant.  Mon enthousiasme est tel que je fais fi de ma voix de fausset, et j’entonne ce chant de bienvenue qui me met, encore une fois, la larme à l’œil.  Dingue comme Noël peut m’émouvoir.

20h.  J’ai faim.  Je sais qu’il y aura des restes et que je pourrai manger, mais bon, chuis pas là pour ça, me dis-je en engloutissant une olive et un bout de pizza brûlant, que je laisse tomber sur la pince à linge ornée de mon prénom et de paillettes.

20h05. Le service des plats commence et, via une chaîne humaine, la distribution se fait sans encombre.  Une expérience rigolote de travail à la chaîne, immédiatement suivie du début de l’animation enfants.  Dans l’intervalle, je tente d’engloutir une petite mousse de saumon et un Coca light, mais le devoir m’appelle, les enfants n’attendent pas.

20h30. Le principe est simple : plusieurs stands proposent divers jeux, permettant aux enfants de miser des jetons et d’en gagner (ou perdre).  Grâce à leurs jetons, ils peuvent ensuite se rendre au « magasin » pour choisir des cadeaux.  Je tiens le stand du « parcours électrique », là oùsque les mômes doivent faire passer un anneau de métal d’un bout à l’autre du parcours, le long d’un fil de fer métallique, sans le toucher, car chaque contact fait s’allumer une ampoule.  Le parcours est difficile et, après avoir raflé les jetons de deux enfants, je décide de changer la règle en « tout le monde gagne ».  Après tout, c’est Noël hein !  Je m’amuse à voir venir et revenir les mêmes enfants, qui ont bien compris que chez Anaïs, c’es
t du tout cuit.  Et au fil des visites, ils rient, me parlent et se confient à moi, me livrent qui un secret, qui une réflexion sur sa tenue vestimentaire, qui une recherche de jetons pour faire un cadeau à autrui.  Une complicité inattendue, je l’avoue.  Et j’adore j’adhère.

21h30. On me propose de la soupe et de la biche, mais, étonnamment, je n’ai pas faim du tout.  J’accepte juste un verre de Coca light.  Au loin, dans la salle voisine, j’entends une chorale chanter et le piano jouer (l’envie me prend d’aller jeter un œil, mais je ne peux quitter mon poste, sacrebleu, petit regret, gros regret).

22h30.  Le gong de fin retentit.  Les sourires et la joie des enfants hyper gâtés, sacs à dos remplis de trésors, fait plaisir à voir.  Et comme c’est Noël pour tous, j’ai aussi mon petit cadeau, un chtit nounours tout doux porte-clés.  Petit souvenir d’une soirée pas comme les autres.

22h45.  Petit détour par la cuisine afin de proposer de l’aide pour la vaisselle.  Mais le lave-vaisselle travaille bien seul.  Alors je mange une toute petite mignardise « bombe au chocolat », arrosée d’un autre verre de Coca light.

23h. Destination le coin cadeau, afin de préparer plus de 200 sacs remplis de cadeaux pour les invités : une tasse décorée à la main par des enfants et remplies de douceurs, des olives, des mousses au chocolat, des bonbons, de la feta, des mini produits de soins, des biscuits… Ouvrir 200 sacs, les remplir de 200 pots d’olives, 200 tasses, 200 pot de fêta, 200 sachets de bonbons, 200 kit beauté, puis les disposer en rang d’oignon en attendant qu’ils soient remis aux invités, tout cela dans la bonne humeur générale et les rires, ça fait quand même mal au dos, je vous le dis, ma Bonne Dame.  Mais imaginer la joie de ceux qui les recevra, ça compense largement (mon dos ne sera pas d’accord le lendemain matin, mais qu’importe).

Minuit.  La fête est finie, direction messe de minuit.  Quelques beaux chants (Douce nuit, Il est né le divin enfant, mais pas Peuple fidèle, pourtant repris au « programme », snif, un sermon soporifique à souhait je l’avoue (les messes, c’est vraiment pas mon truc), une flopée de curés (on dit prêtre, mais moi j’aime bien « curé »), dont l’un beau comme … un Dieu (c’est trop injuste), et un âne tout beau dénommé Zorro (les ânes, c’est vraiment mon truc), gris comme dans la chanson (y’a bien une chanson intitulée « le petit âne gris », non ?). 

1h.  Après un vin chaud pas chaud et pas bon non plus, retour au bercail pour une bonne nuit de sommeil.

Résumé de mon frugal repas de Noël, le plus frugal depuis ma naissance, faut bien le reconnaître : trois olives vertes, deux confettis de pizza, un mini roulé de jambon, un autre de saumon, quelques bouchées de mousse de saumon avalées en quatrième vitesse et une mignardise au chocolat.   

2h.  Je meurs de faim, dans mon lit, et me mets à fantasmer sur le civet de biche, la soupe au potiron et les mousses au chocolat.  Trop taaaaaaaaaaaaaaard.  Je m’endors, le ventre toujours vide, qui crie son désespoir, en vain.

Le lendemain.

15h.  A peine arrivée, un balai me tombe dans les mains.  Balayer le jour de Noël, sacrilège.  Moi qui hais le ménage, je suis servie.  Mais c’est ça le bénévolat, nettoyer, astiquer, balayer…  Suit le rangement des centaines d’assiettes, verres, bols…  C’est à cet instant précis que je réalise à quel point l’entreprise « Noël pour tous », nécessite des heures de travail : récolter les dons, trouver les bénévoles, arranger la salle pour qu’elle soit accueillante, dresser les tables, préparer plus de 200 repas de qualité, rendre la soirée agréable et conviviale, et enfin, tout ranger le lendemain, rapporter la vaisselle prêtée, apporter les restes aux cochons (rien ne se perd).  Chapeau les organisateurs !

17h.  Une fois le travail fini, orgie de chips (j’avais jamais vu des sacs de 50 litres remplis de chips, là j’ai vu) et de mousse au chocolat (sans moi, le resto nous attend), puis nous quittons les lieux avec la promesse de revenir l’an prochain.  Je me sens pousser des ailes de dame patronnesse, en toute confidence.

18h.  Petit tour sur le marché de Noël namurois, puis un repas, un vrai, au Pizza Hut, seul resto ouvert en ce soir férié.  Suivi d’un second repas, foie gras et tarte, arrosé, enfin, d’un verre de vin. 

2h.  Au dodo.

Satisfaite.  Heureuse de cette fête de Noël sous le signe de la solidarité.  Heureuse d’avoir pensé à autre chose qu’à moi durant quelques heures.  Heureuse d’avoir vu cette maman et son fils, ces familles, cette dame seule… tous un peu moins seuls.  Heureuse d’avoir fait la connaissance d’un groupe de bénévoles motivés et enjoués.  Heureuse.

Ça s’appelle Noël pour tous.  Et ce fut également Noël pour moi.

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J’ai testé boulanger-pâtissier

Dimanche. 4h30. Drrrrrrrrrrrrrrrrring. Foutu réveil, je te hais.  Je traîne ma carcasse jusqu’à l’atelier d’une boulangerie-pâtisserie namuroise.  En chemin, je sursaute à la moindre feuille morte qui se déplace, tant la ville est déserte.  A-t-on idée de bosser si tôt, aussi.  J’arrive à destination, et je découvre une véritable fourmilière, disséminée dans un dédale de couloirs étroits.  Ce ne sont cependant pas des fourmis qui bossent, mais des hommes.  Uniquement des hommes, ou presque.  Argh.  Bigre, je me demande si je ne ferais pas un stage en boulangerie prochainement, moi…  Je repère cependant une jeune fille penchée sur des raviers de framboises (ce sont surtout les framboises que je repère, pour être honnête).  Pas touche, Anaïs, pas touche.  Elle est concentrée sur son travail.  Elle est présente depuis plusieurs heures déjà, aussi dynamique que je suis lymphatique. A ses côtés, un apprenti dépose avec attention des cerises sur des tartes, une par une.

Du côté boulangerie, il fait chaud comme dans un four.  Logique !  Le four est alimenté au gaz par un énorme tuyau.  Un scénario catastrophe envahit alors mon esprit : explosion, propulsion de petits gâteaux, de tartes, de fruits et de chair humaine dans toute la ville.  Aaaaargh.

Des plateaux entiers de pains, brioches, croissants et pains au chocolat attendent leur tour.  Le travail près du giga four est précis : enfourner, défourner, enfourner, défourner, le tout dans une chaleur dantesque et sur un rythme soutenu.  Pour peu, je verrais les cornes du Diable sur les crânes des ouvriers… 

Je me liquéfie de chaud, j’ai faim, j’ai soif, j’ai sommeil.  Bref, je suis d’humeur très maussade.

Tiens, voilà quelques dizaines de gosettes qui passent sous mon nez, suivies de tartes aux fraises à l’allure appétissantes.  Ma bonne humeur revient instantanément.  J’attends désespérément qu’une fournée soit mise au rebut pour cause de … euh, je l’ignore, excès de cuisson, de gonflement, de goût… tout pour me permettre une dégustation matinale.  Car j’ai de plus en plus faim.

Retour près de la seule autre femme des lieux, qui se trouve au frais, concentrée dans la préparation d’un fondant de glaçage.  La vue de ce fondant tout blanc, en quantité astronomique, m’écoeure.  Un glacé géant (et quand je dis géant, c’est géant) attend justement sa décoration.  En deux temps trois mouvements, elle le recouvre d’une pellicule de fondant et d’un zigzag de chocolat qu’elle travaille ensuite au couteau.  De l’art, ma bonne Dame.

Pendant ce temps, notre apprenti aligne toujours ses cerises sur les tartes.  Aucune cerise ne doit dépasser en hauteur, c’est la règle.  Et l’appliquer semble décidément bien ardu.

Le va-et-vient des chariots et des plateaux remplis de gourmandise me stupéfie, on se croirait au centre de Namur un lundi matin : embouteillages, dérapages, priorités de droite, arrêts d’urgence.  J’entendrais presque les coups de klaxon.  Clair qu’à ce rythme là, un accident, avec vol plané de croissants, va survenir incessamment, et on va rire.  Mais rien ne se passe.  Même pas drôle !

Le boss passe en coup de vent.  Il est brun.  Il est ténébreux.  Et il a des yeux bleus.  Je me réveille instantanément.  Il me salue.  Et se raconte.  C’est parce qu’il a eu des résultats médiocres (89 % !) à l’école que ses parents l’ont envoyé en stage chez un boulanger.  Voilà comment naît une vocation…

Retour au travail.

Les cerises n’en ont pas fini de faire rager l’apprenti, qui persiste et signe dans leur alignement sur tartes.  Quééén affaire !

Derrière moi, des merveilleux attendent leur finition de crème fraîche.  Des brésiliennes attendent leur finition fruitée.  Des tartes attendent leur finition de fraises. 

Direction le magasin, encore fermé et presque vide.  Les deux rangées de javanais et de mokas orphelins semblent bien tristes.   Petit à petit, les vendeuses me rejoignent et préparent les lieux pour l’ouverture, en chantant « Le bon Roi Dagobert ».  Les tartes aux cerises regagnent enfin le comptoir (j’en connais un qui doit être soulagé).  Une abeille fait déjà son shopping.  Il est 6h30, les portes s’ouvrent.  Je suis la première cliente.

J’emporte avec moi : un pain au chocolat et une tartelette aux framboises.

J’ai testé « ménagère de moins de cinquante ans »

Aaaaaaaaaaaaaaaaah le fameux panier de la ménagère, tellement malmené ces dernières années avec l’arrivée du zeuro, la hausse du pétrole de l’essence du mazout de la patate de la frite du riz de la tomate du caviar du Ciné Revue du Gala du Voici et du chocolat belge et j’en passe.

ça fait des années que je suis inscrite dans cette boîte de marketing pour participer à des enquêtes.  Des années.  Passque, depuis que je sais parler, soit sans doute depuis la naissance, voire avant, vu ma bavardite aiguë déjà remarquée en maternelle, j’adore ce genre de trucs : répondre à des questions, tester des choses, donner mon avis sur tout et n’importe quoi.

Ainsi, lorsque je suis harponnée par hasard en rue par des enquêtrices, je dis quasi toujours « oui Madame, volontiers Madame, tout ce que vous voudrez Madame », ce qui m’a valu de goûter un cassoulet juste après avoir englouti une gosette (pour les français : je crois que ça se dit chaussons dans vot’ hexagone), de donner mon avis durant plus d’une heure sur le packaging de pots de confiote, de tester des chips light à l’époque où personne n’en avait jamais entendu parler et de noter durant une semaine les détails les plus croustillants de la vie de mon lave-linge … et je dois en oublier.

Mais dans cette boîte de marketing oùsque je suis inscrite depuis des années, je n’avais jamais été convoquée.  Passque je ne rentre jamais dans les critères : moi pas y’en avoir d’enfant, moi pas me laver les dents avec du dentifrice de pharmacie, moi pas rendre mon linge doux avec de l’assouplisseur (ou -ssant ?) en container de 100 litres, moi pas y’en avoir de chien, moi pas y’en avoir de mari, moi pas y’en avoir de tuture… et je dois en oublier (bis).

Alors, vous imaginez ma surprise lorsque, la semaine dernière, mercredi (ça se passe toujours un mercredi, comme un rituel immuable), après avoir répondu, d’une voix blasée, aux questions habituelles, m’attendant au refus hebdomadaire, j’ai entendu « et bien Médéme Valente, vous rentrez parfaitement dans nos critères, ça vous tente de venir jeudi causer de cartes de fidélité et gagner plein de sousous ? »

J’ai crié youpiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiie et j’ai dit ouiiiiiiiiiiiiiiiiiii.  Quel honneur : faire partie du panel de paniers de la ménagère, ma bonne Dame ! 

Le jour venu, étrangement, j’avais plus envie de m’y rendre, mais plus du tout du tout du tout.  Mais le papier précisait bien « si vous avez un empêchement, merci de nous avertir de toute urgence ».  Je ne pouvais décemment pas feindre l’indigestion ou avouer la crise d’angoisse pour y échapper. 

J’y suis donc allée, avec le même enthousiasme que Jeanne d’Arc devant son bûcher.

Et je me suis amusée.  Vraiment amusée.  ça sonnait un peu comme un retour à l’école, avec atelier créatif « inventons notre carte de fidélité idyllique » en prime.  L’animateur était super sympa, juste mélange de clown et d’homme d’affaires.  Les participantes étaient à l’aise.  Y’avait plein de sandwiches super mmmmmmmmmmmh à dévorer, puis du coca, puis du fanta, puis des chocolats. Et puis on a touché des sous, plein de sous, que j’avais dépensés anticipativement durant une chtite séance shopping, tant qu’à faire…

Je vous le dis.  C’est que du bonheur, d’être ménagère de moins de cinquante ans.

J’ai testé un WE thalasso en pleine semaine

Ça fait longtemps que vous l’attendiez, que vous le réclamiez à cor et à cri (et non à corps et à cris, Anaïs) : mon WE thalasso.  Un lundi et un mardi.  Deux jours.  Un WE en semaine quoi.

L’endroit est totalement neuf.  Ouvert quelques mois auparavant.  Les lieux sont superbes : une fermette rénovée en plein centre d’un trou perdu.  Un salon argenté et orange, doté d’un feu ouvert qui dispense une chaleur agréable (du moins quand les curistes – c’est comme ça kon s’appelle – daignent s’en occuper, la direction est sympa mais débordée – cet épisode « créons un feu », j’ai adoré, passqu’on grelottait tous dans nos peignoirs quasi immaculés mais humides).  Un jacuzzi extérieur (glagla) couvert (oufouf) à 39 degrés.  Sauna.  Hammam.  Salles de soins décorées de marron et de turquoise : magnifiques !

Les chambres d’hôtes sont elles aussi soignées, même si pas encore toutes terminées en matière de finitions.

La chambre zen offre une déco sobre, blanche et ornée d’orchidées.

La chambre africaine est dynamique et abrite girafes et autres bébêtes.

La chambre orientale est chaleureuse et pleine de jolies lampes.

La chambre romantique est craquante avec sa tapisserie anglaise et son lit à baldaquin.

La chambre marine est basique, un peu trop sombre, mais mignonne.

Toutes les chambres sont sur deux niveaux (donc avec mezzanine, pour ceusses qui n’ont pas comprendu).  Toutes les chambres offrent une vue sur le jardin et la piscine.  Toutes les chambres, outre le lit, proposent fauteuils ou canapé (déjà installés, ou pour bientôt).  Toutes les chambres ont la TV.

Toutes sauf une : la chambre marine.  Pas de mezzanine.  Pas de canapé.  Pas de TV (aaaargh, et ma quotidienne Star Ac ?).  Et vue sur la rue, les antennes et la maison d’en face, un vrai foutoir.  Vue sur âne également.  Enfin vue, façon de parler.  Disons qu’on l’entend.  Vachement (même si l’expression est inappropriée pour un âne).  Jamais je n’aurais imaginé qu’un âne fasse autant de bruit.  Bruit largement amoindri par les beuglements et les ronflements de ma voisine de lit, mais par respect pour sa personne, j’éviterai de vous en parler (et puis sait-on jamais qu’elle passe par ici).

Passque bien sûr, j’ai choisi la chambre marine, lors de la réservation.  Bien sûr.  La chambre marine.  La moins jolie.  Chouette chambre, je ne crache pas dans la soupe, avec baignoire (la seule avec baignoire, mais après avoir fait trempette une heure dans le jacuzzi, j’ai envie de tout sauf d’un bain… qui a dit « difficile marmot ? »).  J’ai bavé sur les autres chambres, surtout la romantique, mais une réservation est une réservation ma bonne Dame.

Et la chambre marine, elle colle à la chambre africaine.  Même que la mezzanine de la chambre africaine, et ben, elle donne au-dessus de la chambre marine.  Rien de grave en soi.  Si la chambre africaine n’avait pas été peuplée par deux quinquagénaires veuves joyeuses hystériques (dans le sens premier du terme) qui, après avoir écuvé les restaurants du voisinage, sont rentrées à pas d’heure, ont passé des coups de fil dans le couloir, ont énuméré l’ensemble des animaux peuplant la chambre « y’a un léon, un laon, un lion (hips) une rigafe aussi, une figafe, une girafe (re-hips) » et ont ensuite énuméré ce qu’elles avaient bu.  Un délire.  Qui m’a réveillée.  Dans ma chambre marine.  Pas contente l’Anaïs.

Le petit déjeuner est succulent : mandarines, croissant, petit pain au chocolat, chocolat chaud, café, confiture.  Un bonheur.  En peignoir immaculé, of course.  On vit en peignoir durant deux jours, étrange mais agréable.  Après le petit déj, nous quittons les lieux, balonnées, et gratifions la femme de ménage d’un « bonne journée ».  Sa réponse « elle sera meilleure pour vous que pour moi ».  Oups…

Le premier repas est à se damner : une lasagne maison aux brocolis.  Je bave.  Par contre, pas de Coca Light, que du Coca bien sucré bien collant bien lourd.  Soit.  Le lendemain, délicieuse salade et sandwich.  Le soir du premier jour, il faut aller manger dans le bled perdu.  Voiture dès lors indispensable.  Escalope bien grasse, sauce tomate champignons estragon, Coca light (ouf).  Vlà que je mets à énumérer mes repas… la situation est grave Anaïs, après l’élocution sur le soutien-gorge, tu as réellement besoin de repos.

L’accueil est chaleureux.  La patronne est flamande, mais elle ne hisse pas le lion noir.  Elle est adorable, soucieuse de notre bien-être et toujours à l’écoute.  Les esthéticiennes sont belles comme des coeurs, et gentilles, et qualifiées, et douées pour les massages et les soins visage… aaaaaaaaaaargh, j’en reveux.  Ce soin visage agrémenté d’un massage de la nuque et du bras m’a fait découvrir de nouvelles sensations : le blanc du bras est sensible, très sensible.  Le massage du corps sur fond de Chimène Badi m’a ravie.  Le gommage du corps avec du sel marin est agréable.  L’esthéticienne me signale que « j’ai des jambes bien fines ».  Je ne dénote aucune admiration, plutôt de la stupéfaction.  Si elle ajoute « par contre, votre bide, dingue comme il est soufflé », je la frappe.  En plus elle est jolie.  Et sympa.  Tchu.  Par contre j’ai détesté la pédicure.  Mes orteils, faut pas qu’on y touche.  Mes ongles non plus.  Mes pieds non plus.  Alors j’ai morflé.  J’ai stressé.  Mais j’ai bien fait, car le massage final, suivi de l’enveloppement de mes petons de paraffine, mmmmmh…

Un WE de détente, de rires, de farniente, de lecture, de soins et de bons repas.  Un WE encore plus agréable parce qu’il a eu lieu… en semaine.

Illu de Missbean.

relax

SecondSexe

secondsexe

N’ajustez pas vos lunettes, n’imaginez pas avoir trop bu ou trop consommé de substances illicites.  Ce logo est bel et bien flou. 
 
Lorsqu’on m’a proposé de recevoir un « petit cadeau sexy » dans le cadre d’une campagne publicitaire pour le site SecondSexe, sans m’en dire plus, je n’ai pas longtemps hésité, vous me connaissez.  J’adore les surprises.
 
Puis le colis est arrivé.  Et la surprise était adorable : ça ressemble à un lecteur MP3, ça a la forme d’un lecteur MP3, mais ce n’est pas un lecteur MP3, c’est un sex toy télécommandé.  Oui vous lisez bien.  On n’arrête pas le progrès ma bonne Dame.  Mais pas moyen de l’utiliser.  Je sais, chuis nulle.  Si la télécommande fonctionne, il n’en est pas de même de l’objet en question, qui refuse de vibrer.  Chuis nulle.  Après plusieurs essais, j’envisage de le signaler à l’expéditeur, au cas zoù ce serait un problème technique, lorsqu’un mail m’arrive (les grands esprits se rencontrent), me proposant l’envoi de nouvelles piles.  Ainsi, je ne suis pas la seule, et imaginer toutes les bloggueuses en train de tenter de faire vibrer en vain l’objet m’a provoqué un sacré fou rire.
 
Il est écrit qu’Anaïs aura toujours des bémols avec ses colis.  J’adore.  C’est une malédiction qui finira par devenir ma marque de fabrique : « prenez le risque, envoyez des objets à Anaïs… ».
 
Donc, les piles arrivent enfin (à mon avis, elles ont fait le tour du monde avant d’atteindre mon bled), le joujou fonctionne et est adorable tout rose tout discret tout vibrant (je m’imagine dans le bus, jouant avec mon « lecteur MP3 »), mais l’essentiel n’est pas là.
 
L’essentiel, c’est le site dont il fait la promo.  Un très beau site.  Sobre.  Noir.  Vaste.  Attrayant.  Uniquement pour les femmes.  Outre les sex toys, les livres et la lingerie, il propose diverses rubriques vachement intéressantes : des nouvelles érotiques, des conseils médicaux, des bonnes adresses (notamment un studio avec vue sur tour Eiffel qui me ferait bien de l’œil), des films spécialement conçus pour les femmes, des fichiers audios à télécharger… et la possibilité de proposer des nouvelles orgasmiques qui seront publiées (enfin après approbation, j’imagine) !
 
Allez, à vos plumes.  Comment ça, que dites-vous, que je dois m’y mettre aussi ?  Ah bon, vous pensez ?  Après tout pourquoi pas… A ma plume, ou plutôt à mon clavier…

secondsexekit

J’ai testé Tarte & Pain

Tarte & Pain, ça existe à Namur, mais zaussi à Bruxelles (je sais combien ceusses de la capitale sont désorientés lorsqu’ils doivent la quitter leur belle ville et sa belle Grand Place).  Cependant, j’ignore si la carte est identique.
 
Tarte & Pain, avant ça s’appelait la Tarterie de Pierre (ou de Paul, d’ailleurs, jamais su retenir le prénom) et j’y allais à l’occasion.  Ça se trouve dans le piétonnier, y’a une terrasse sympa en été, la déco est très agréable, y’a jamais foule, et c’est bon.  J’ai notamment testé la portion bien fournie de tarte au saumon et épinards accompagnée de sa salade bien remplie avec un bon gros morceau de saumon fumé en guise de cerise sur le gateau.  Rien que de l’écrire, et parce que j’ai vachement faim en cet après-midi (il est 16h05 ce 15 novembre), je rêve de la voir se matérialiser, cette tarte au saumon et sa salade bla bla.
 
L’autre jour donc, petite bouffe avec une amie.  Notre QG, c’est le Père Gourmandin (ou la Mère, jamais su retenir lequel des deux est où), enfin celui avec terrasse à l’avant qui sert de ces pommes de terre farcies au saumon à se damner (ben non, chuis pas obsédée par le saumon, j’aime, c’est tout).  J’ai de plus en plus faim (à noter : ne jamais rédiger un billet gourmand l’estomac vide).
 
Notre QG étant full de chez full de chez foule (pff, le jeu de mots nullissime), je propose d’aller à la Tarterie de Pierre, Paul ou Jean devenue depuis Tarte & Pain, ayant gardé un si bon souvenir de cette tarte au saumon (pffff je radote, mes neurones ne sont plus dirigés que par mes papilles gustatives en ce moment).
 
L’endroit a été fermé pour rénovation et changement de nom.  De rénovation, je ne vois guère.  Mais la carte s’est réduite à peau de chagrin.  Heureusement (Alleluia), la tarte saumon et épinards existe toujours.  Y’a un dieu pour celles qui aiment le saumon.  Je découvre ensuite qu’ils proposent un menu tarte + dessert, à prix réduit.  Adjugé.  On va se régaler ma bonne Dame.
 
La tarte arrive illico presto.  Je frôle l’étouffement avec gorgée de coca light.  Ça ?  Un repas ?  Imaginez : une minuscule portion de tarte même pas haute (style un quart de tarte au sucre pour quatre personnes, un triangle de six centimètres de côté, vous voyez le topo ?) accompagnée de trois feuilles et demi de salade et d’une asperge verte coupée en dix (voire en quinze), histoire de faire illusion.  Et un plat de salade à part.  Enfin, lorsque je dis « un plat », je suis dotée d’un énorme sens de l’humour.  Je devrais dire « une soucoupe, une micro-assiette, une assiette de dînette ».  La serveuse précise « j’apporte la seconde salade » (youpie, on aura chacune notre mini portion de salade) puis se ravise « enfin non, je vais demander, c’est peut-être pour vous deux » (ben voyons, on coupera chaque feuille en deux, même si les bons usages l’interdisent).  Elle revient avec une seconde soucoupe.  Y’a un dieu pour les mangeuses de minuscule quart de tarte au saumon, on va pouvoir se ruer sur la salade.
 
Seul problème, la salade est limite immangeable : horriblement salée.  Du gros sel.  Je passe donc mon temps à tenter d’enlever les grains visibles, pour avoir quelque chose à me mettre sous la dent.  Elle restera salée, mais j’ai si faim que je tente de ne pas y penser (et j’avale de longues goulées de coca light pour apaiser ma gorge).
 
Attention, ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit : la tarte est bonne.  Très bonne.  C’est juste que la portion proposée servirait à peine d’entrée (ensuite, j’imagine bien une grosse assiette de farfale au … saumon).  Et pourtant, étrangement, je n’ai pas un gros appétit.  Je n’ose imaginer la réaction d’un homme face à une telle assiette : colère ?  fou-rire ?  évanouissement ?  Je bosserais là, j’aurais honte de servir de telles assiettes à des travailleurs affamés.
 
Vient ensuite le dessert.  Même format.  Mais au chocolat.  Pas mauvais.  Mais pas transcendant.  Il a cependant le mérite d’apaiser un peu la faim qui me tenaille encore.
 
Verdict : adieu Tarte & Pain.
 
Et au fait… je n’ai toujours pas trouvé pourquoi l’établissement s’appelle Tarte & Pain, car on n’a pas vu l’ombre d’un soupçon d’une miette de pain (dommage, ça aurait pu servir de coupe faim).
 
A déconseiller donc si vous n’avez pas l’appétit d’un moineau anorexique en fin de vie.

Illu de Titoun… qui cerne bien ce qui s’est passé ensuite…
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