25 octobre 2019 : Oh Marie si tu savais

J’ai toujours adoré le prénom Marie. C’est mon second prénom mais j’aurais aimé que ce soit mon premier. Mais à ma naissance, je n’avais pas mon mot à dire. De toute façon, je ne savais pas parler.

En toute logique, je devrais actuellement détester ce prénom. Marie. C’est le prénom de celle qui m’a écrasée. Mais je l’aime toujours. Et puis je ne lui en veux plus, c’est le destin (un destin de merde, et puis le Père Noël est une ordure, mais le destin et c’est comme ça).

Marie fait aussi partie du prénom composé de mon parrain. Ouais, à l’époque on mettait les prénoms des parrain et marraine comme 2e et 3e prénoms, et puis Ghislaine contre les convulsions. J’ai jamais eu de convulsions. On devrait mettre un 5e prénom contre les accidents de voiture ah ah ah.

Bref, ce prénom est lié à moi, et je devrais le haïr car je suis intimement persuadée que mon parrain a abusé de moi quand j’étais gamine. Il est mort, donc je ne saurai jamais lui poser la question, je n’en ai aucun souvenir mais je le sais. Depuis bien avant d’être écrasée, je le ressens au plus profond de moi. Je pense n’en avoir jamais parlé ici, je n’en ai parlé qu’à peu de personnes, en petit comité. J’avais honte de penser ça, c’est le monde à l’envers. Maintenant, je n’ai plus honte. Je ne saurai jamais ce qu’il en fut, sauf si mes  souvenirs enfuis me reviennent, mais c’est ainsi, et les émissions récentes sur les prêtres pédophiles ont travaillé à donf chez moi.

Ceci explique sans doute pourquoi j’ai vécu quasi 15 ans avec deux chattes avant de prendre Iguaï, un mâle. Et encore, je voulais une femelle, mais y’avait que lui de dispo, mdr, mais je l’adoooore mon matou (castré).

18/6/2019 : We are patients

L’article paru ce jour sur moi, j’avais répondu à quelques questions en février 2019 :

Valérie : “J’ai rencontré des gens géniaux que je n’aurais pas rencontrés sans cette terrible épreuve !”

Valérie est née et a toujours vécu en Belgique. Cette passionnée d’écriture et de loisirs créatifs a subi une terrible épreuve il y a plus de 4 ans : un violent accident de voiture qui la met dans le coma. Elle mettra de longues années avant de retrouver un quotidien “normal”.

  • Présentez-vous

Je m’appelle Valérie. Mon nom d’auteur est Anaïs Valente. Je tiens un blog depuis 2006 et j’ai écrit plusieurs livres, des guides pratiques rigolos parus chez divers éditeurs dont Hachette/Marabout. J’ai aussi écrit des petits articles qui paraissaient chaque semaine dans un journal et dans un hebdo féminin belge. Je participais aussi à des ateliers de peinture et d’écriture, j’adorais ça. Côté sérieux, j’ai bossé 19 ans chez un notaire namurois (en Belgique, une fois), c’est pour cela que j’avais un « nom de plume », pour rester anonyme au bureau, vis-à-vis des clients. Je suis née à Namur en 1972, et j’y vis toujours.

  • Quelle est votre histoire ?

Le 20 décembre 2014, un samedi vers 14 h, je me rends à mon atelier d’écriture près de chez moi. En traversant sur un passage piétons, je suis renversée par une voiture. La voiture m’éjecte, me catapulte sur le sol et je tombe direct dans le coma. Je suis transportée en ambulance à l’hôpital, opérée du cerveau en urgence. Tout ça, je le sais car on me l’a raconté, mais je n’en ai pas le souvenir. Durant le mois qui a suivi l’accident, j’ai vécu comme un légume à l’hôpital. Fin janvier 2015, hors de danger mortel (mais toujours comme un légume, tant physiquement que mentalement), je suis emmenée en ambulance à environ 40 kilomètres de chez moi, au Centre Hospitalier Neurologique William Lennox, un centre de revalidation bien connu en Belgique. J’y reste neuf mois, les mois les plus longs de mon existence, même si les trois premiers mois, je n’avais aucune notion du temps vu que j’étais toujours un légume. J’ai dû tout réapprendre : parler français (je parlais anglais, il parait que les traumatisés crâniens parlent souvent une autre langue) et me souvenir des noms des choses (c’est encore un gros problème maintenant), marcher (je marche comme un canard boiteux, mais j’ai quitté ma chaise roulante).

Le 11 septembre 2015, je peux revenir vivre chez moi, dans un sale état, mais je VEUX rentrer, et le docteur du centre Lennox donne son accord. Je vivais seule avec mes trois chats (oui, une mèmère à chats, j’assume). Je suis handicapée à 66 %, à vie, et cérébrolésée, à vie aussi j’imagine. Pour résumer, ce que j’ai eu c’est un peu comme un AVC, mais causé par une voiture, donc tout mon côté gauche a été paralysé et reste toujours très faible. J’ai cette chance d’être droitière.

  • Comment vous sentez-vous aujourd’hui ?

Ça fait donc plus de trois ans que je suis rentrée, ma vie a bien sûr totalement changé. Je ne sais plus bosser, je ne serais plus capable de gérer des dossiers comme avant, enfin mon cerveau ne saurait plus le faire. Et de toute façon, l’endroit où je bossais n’est pas conçu pour les handicapés physiques (étage, escaliers…). Le plus dur, c’est de ne plus savoir bosser comme je le faisais depuis 19 ans et me dire que je ne fêterai jamais mes 20 ans d’ancienneté (on a un cadeau non ? non ? non ?).

Par contre je fais plein d’autres choses et j’ai rencontré des gens géniaux que je n’aurais pas connus sans ce qui m’est arrivé, je participe à des ateliers créatifs et d’écriture, à des séances de gym douce.

  • Quel est votre passion ?

Fort heureusement, ma passion n’était pas le sport, sinon ça serait fini pour moi ! Ma première passion c’est l’écriture bien sûr, d’ailleurs dès le Centre Neurologique William Lennox, on me faisait réécrire.

Depuis mon retour, je tente de réécrire, via mon blog d’abord (beaucoup moins qu’avant, je suis horriblement plus lente, mais j’adore toujours ça), via des ateliers aussi.

Ensuite, j’étais passionnée par la peinture : tableaux abstraits en acrylique, collages de phrases… j’ai pu renouer avec ça aussi.

  • Quels conseils donneriez-vous à un patient ?

D’être… patient. Je ne supporte pas ce mot, ce n’est pas ma qualité mais pas le choix et surtout, faut se battre au quotidien pour évoluer, ne jamais perdre espoir.

  • Quel message souhaitez-vous délivrer à la communauté de We are Patients ?

Comme je l’ai mis depuis mon retour chez moi sur ma page Facebook (endroit où j’adorais parler, et qui me permet de revoir ce que je publiais il y a des années, pratique pour une cérébrolésée qui a beaucoup oublié), «ce qui ne nous tue pas nous rend plus forts».

Article à lire ici : https://wearepatients.com/handicap/valerie-jai-rencontre-des-gens-geniaux-que-je-naurais-pas-rencontres-sans-cette-terrible-epreuve/

 

13/01/2019 : Ikéa (à chanter)

Hier, j’ai reçu ma commande Ikéa. Première fois que je commande sans aller en excursion au magasin. Oui, pour moi c’était une excursion, ça prenait tout la journée, avec une balade dans les rayons, la découverte des pièces qu’ils aménagent et bien sûr le repas sur place, miam miam. Je prenais d’ailleurs un gâteau en dessert et j’en ramenais un, mais la dernière fois, ils avaient rajouté de la crème fraiche dans la préparation, c’était pas super bon et j’avais dit que j’en ramènerais plus. Bon ben c’est le cas maintenant…

Ma commande me convient super, sauf le bol à eau pour chat que je trouve trop petit, j’aurais dû prendre la version chien…

Merci à Marie-Jeanne qui était justement là lors de la livraison et m’a aidée à déballer et à ranger.

Après avoir pensé toute la nuit à ce que j’allais faire des cadres (je les ai achetés car ce n’est pas du verre mais du plastique, très pratique pour moi), j’ai trouvé déjà que faire des trois cadres tenant ensemble pour faire un seul cadre : je l’ai attaché dans mon hall et ai mis dedans les trois chats au point de croix que j’avais faits y’a des années. A la base c’est quatre chats pour les quatre saisons, mais je n’ai jamais fait le quatrième (hiver) ni la queue du troisième… ça tombe bien : trois cadres pour trois saisons. Ça m’a pris un temps fou, mais je les ai mis dedans, j’ai mis un clou dans le mur et j’ai attaché le tout. Voilààààà.

Avec tout ça j’ai déjeuné à 12h30…

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14/09/2018 : première rénovée

Aujourd’hui en allant au Trafic, j’ai rencontré Madame Noël, c’était ma titulaire adorée en première rénové (et prof de français si mes souvenirs sont bons), quel bonheur de parler avec elle, je ne l’avais plus vue depuis des années je pense, elle n’a pas changé, sa coupe de cheveux non plus mais dans mon souvenir c’était plus clair (roux ou auburn).

Ce fut un super moment et ça m’a rappelé plein de souvenirs, notamment que j’allais aux fêtes de Wallonie à Namur quand j’étais jeune, le vendredi soir, la samedi et le dimanche et même le lundi, qui est le jour des namurois. D’ailleurs, je disais « les wallos » et pas « les fêtes de Wallonie ». Je pense que tout le monde disait ça (le dit-on encore ?).

Bref, je suis arrivée en première rénovée d’une autre école, une petite chose maigre (si si, à l’époque j’étais maigre) et timide, qui quittait les primaires, où elle était la plus âgée, pour devenir la plus jeune en rénovée, dur dur. Madame Noël m’a rassurée, aidée et fait connaître et adorer L’écume des jours (aaaaaaaaah Colin et Chloé, et son nénuphar dans le cœur, et la petite souris qui se suicide, aaaaaaaaaah).

Bon allez, trêve de nostalgie, bonnes wallos à tous !

22/01/2018 : faut appeler un chat un chat, et une pierre une pierre

Hier soir un vieux souvenir m’est revenu. Trèèèèèèès vieux ma bonne dame, j’étais en première rénové (ça se dit encore ça ?), j’avais donc 12 ans. Ça fait… euh on ne compte plus (excuse trouvée car compter m’est difficile maintenant).

 

J’avais donc comme titulaire une dame dont je tairai le nom par confidentialité, mais qui m’a fait adorer « l’écume des jours », si mes souvenirs sont bons, et plein de trucs, plein plein, je l’adorais cette prof, elle était géniale, elle adirait les chats je crois.

 

Et un jour, elle s’étonne qu’un élève soit absent (oui, de mon temps on ne brossait pas les cours ma bonne Dame), l’élève s’appelait Pierre Lamury et elle dit « il est pas là Pierre L’ahuri ». Fou rire général. Elle nous a fait promettre de ne pas le répéter. Je me suis tue. Mais là y’a prescription non ? Ah ben si, et puis c’est preuve que ma mémoire à long terme revient.