Aujourd’hui, des nombres concrets

2 caisses pleines de livres

1 caisse pleine de brol

5 boîtes à chaussures

10 aller retour pour tout descendre, tout mettre en voiture puis tout retirer, tout monter

2 coussins recyclés dans mon jardin (merci Mostek)

1 joli cadre cadeau assorti à ma new kitchen plus si new que ça

3 litres de sueur

1 glace bounty

1 sieste au soleil

Aujourd’hui, ceux qui s’accrochent

Ceux qui s’accrochent à la vie car ils ne veulent pas abandonner ceux qu’ils aiment, qu’ils veulent voir grandir, apprendre, évoluer, se marier, avoir des bébés, ils s’accrochent tant bien que mal, plutôt mal que bien, en vain. Et la fauchieuse fait son job, la garce.  Petite pensée pour eux en ce lundi matin, jour de funérailles.

L’agenda de l’apprenti écrivain : l’art de créer un titre avant d’écrire la première ligne

« Inventez trois titres de polars autour des mots suivants : hache, lune, dent en or. »

Un steak haché tout ce qu’il y avait de plus innocent. (Oui, bon, on peut ajouter un accent non ?)

La lune était presque parfaite. (Oui, bon, ça ressemble vaguement à un titre bien connu, mais c’est permis non ?)

La dent en or qui voulait porter une couronne (Oui, bon, ça fait plus livre pour gosse, on va dire que c’est un polar pour enfant alors, c’est permis non ? en plus je trouve ça d’un sadisme invraisemblable de me faire écrire des titres avec le mot « dent », moi qui souffre depuis plus de deux mois désormais…)

Amusant comme tout cet exercice, je pensais qu’il ne m’inspirerait pas, et puis c’est venu comme ça, pif paf pouf, sans réfléchir… alors à vous, si vous me pondiez aussi des titres avec hache, dent en or et lune ?

L’agenda de l’apprenti écrivain : toi piger ce que moi vouloir dire ?

« Réécrivez cette citation de Flaubert avec vos propres mots : la parole humaine est comme un chaudron fêlé où nous battons des mélodies à faire danser les ours, quand on voudrait attendrir les étoiles ».

Voilà mon job du 6 janvier dernier, dans mon agenda de l’apprenti écrivain… c’est dire si j’ai un fameux retard.  Voilà pourquoi désormais je ne mettrai plus de date, car entre les 366 brèves, l’agenda et tout mon autre blabla, difficile de bosser chaque jour sur chaque sujet.  Je pensais pouvoir rattraper mon retard, mais il n’en est rien, alors ces dates ne riment à rien.

Mais si j’ai pris tant de retard c’est passque, après avoir bossé courageusement sur les premiers jours de cet agenda, j’ai séché sur cette citation, qui m’a pris la tête.  J’avais l’impression de passer un bac de philo (ce que je n’ai jamais passé, vive la Gelbique et son absence de bac) ou de devoir faire une dissertation.  Oh, à l’école, j’adorais les dissertations, je n’étais pas trop mauvaise, mais là, pas moyen, ça m’a saoulée, alors j’ai remisé mon agenda sur ma table de salon, où il me narguait depuis fin janvier déjà (ce que le temps passe vite).  Et de temps en temps, je le rouvrais, puis me disais « non, vraiment, pas possible ».  On m’a bien conseillé de zapper ce jour-là, mais alors, cela ouvrait la porte à tout les zappages possibles et imaginables.  Non, zapper, il n’en était pas question.

J’ai donc attendu.

Et puis ce matin, je me suis dit « bon ma vieille, au lieu de perdre ton temps sur Facebook, bosse un peu sur ton agenda de l’apprenti écrivain, titchu ».  Alors j’ai pris mon courage à deux mains et je l’ai ouvert à nouveau, pour revoir cette phrase : la parole humaine est comme un chaudron fêlé où nous battons des mélodies à faire danser les ours, quand on voudrait attendrir les étoiles.

Et finalement, destin, hasard, coïncidence, maintenant, cette phrase prend du sens pour moi.  Elle me rappelle combien ma création de jeudi, « l’eau permet à l’île d’être déserte » reflète cette difficulté à exprimer clairement le fond de sa pensée, de son ressenti.  Et comme disait l’autre, à quel point entre ce qu’on pense, ce qu’on veut exprimer, ce qu’on dit, la façon dont l’autre le reçoit, le comprend et l’interprète, on passe parfois d’une planète à l’autre.

Alors, pour faire bref, si je devais la réécrire avec mes mots, sans la poésie de Flaubert, j’écrirais juste « titchu, quéén galère de causer et de se faire comprendre, ma bonne dame ».

L’agenda de l’apprenti écrivain (5 janvier) : variations sur le même thème

« Ecrivez une phrase.  Retravaillez-là.  Cinq fois ».

Ma phrase : En ce 14 février, 10 heures du matin, il décida de ne plus jamais fêter la Saint-Valentin.

1. La déception matinale était cruelle, plus jamais il ne regarderait vers le ciel, à la recherche de ce Cupidon à qui il destinait désormais tout son fiel.

2. Saint-Valentin était devenu l’ennemi à abattre, tout comme cette femme qui avait déserté sa vie la veille au soir, la garde infâme, on ne quitte pas un homme un 13 février.

3. Il ouvrit brièvement un œil, mata le réveil, découvrit l’heure, se souvint de la date, et replongea dans un sommeil lourd, jusqu’au lendemain.

4. Bordel de Dieu, ou Bordel de Cupidon, au choix, vous allez enfin cesser de le gaver avec cette journée dont il ne veut plus entendre parler.  Jamais.  Merci pour lui.

5. Il le capture, lui ouvre le bide, en sort les tripes, les coupe délicatement, en fait du haché, le donne à Félix, l’observe se régaler.  Il est 10 heures.  Il hurle enfin : « Saint-Valentin, ça te fait quoi d’être bouffé par un chat, hein ? »

Et puis pour illustrer, ce gag à mourir de rire, qui n’est pas de moi bien sûr, découvert sur birdsdessinés…

st valentin.jpg

L’agenda de l’apprenti écrivain (4 janvier) : tututes et doudous en tous genres

« Quels sont les premiers mots que vous avez prononcés ? Demandez à vos parents quels étaient ces mots et s’ils ont gardé vos premiers poèmes, vos premières rédactions ».

Bon, déjà, impossible de demander quoi que ce soit à qui que ce soit,  donc je ne pourrai qu’extrapoler quant à mes premiers mots.  Mais les premiers mots d’un tout petit, c’est pas d’office « babababa », « agagaga », « mamamama » ou « papapapa », non ?  Vous qui avez des enfants, c’est pas ça ????

Bien sûr, si j’avais été dotée d’une intelligence surhumaine, mes premiers mots auraient été, dans l’absolu, « écrire », « crayon », « stylo », « papier », « prix Goncourt », « roman », « blog » (mouahaha, meuh non, les blogs existaient pas à cette époque, même pas internet, à peine le papier, on venait juste de quitter le silex et les parchemins quoi), passque toute petite j’adorais déjà créer de petites histoires avec ou sans dessin, toutes plus nulles les unes que les autres, allant d’une vie familiale en BD à la vie passionnante de mon chat, mais j’étais déjà « grande », à ce moment-là, genre 10 ou 12 ans, chais plus trop.  

Quoi qu’il en soit, en cherchant la photo de Souricette pour mon billet de dimanche, j’ai retrouvé la plus ancienne photo de moi dont je dispose, datant de mon premier anniversaire.  Outre celle où je suis devant mon gâteau avec l’unique bougie qui l’orne, une autre photo du même jour me représente en train de lire une page de journal ou de magazine.

On va donc dire, d’après cette preuve plus que probante, que mon premier mot aura été « lire ».

Passqu’avant de vouloir écrire, faut déjà apprendre à lire, ma bonne Dame.  CQDF.