30/06/2018 : William Lennox

Comme régulièrement depuis que j’ai quitté les lieux le 11 septembre 2015, je suis retournée à William Lennox, voir le neurologue qui s’est occupé de moi, le docteur Willemart, pour faire un bilan. Il me pose pleins de questions sur ma vie, ce que j’en fais et puis il me fait avancer pour évaluer ma marche.

Aller à Lennox est toujours étrange pour moi car je ne sais pas dire si j’aime y retourner ou si je déteste.

J’aime car je revois ma kiné adorée, Eline, ça me rappelle l’aide qu’elle m’a apportée. Je revois aussi plein de gens géniaux : Philippe, Céline…et j’en oublie plein, car je les ai oubliés ou j’ai oublié leur nom, mais Eline, Céline et Philippe sont ceux qui m’ont le plus marquée. J’aime car j’en suis sortie, et je suis rentrée chez moi, avec un chouia d’autonomie, je suis rentrée dans ma ville adorée, dans ma maison adorée et près de mes chats adorés. Et puis Lennox fait maintenant partie de mon vécu.

Je déteste car ça me rappelle plein de souvenirs atroces, quand j’ai pu me rendre vraiment compte que j’y étais, notamment les retours le dimanche soir, après une nuit et une journée en dehors de Lennox, j’aurais tout donné pour ne pas y retourner.

Comme je l’ai dit à mon beau-frère qui m’y a conduite : une fois ok, mais si je dois y retourner, jamais de la vie, je me tue.

Ça me rappelle aussi ces travaux que j’entendais (que je subissais…), car le nouveau hall et la nouvelle cafétaria étaient en cours de construction.

Bref, un sentiment mitigé.

Et hier, je suis retournée à Lennox.

Comme chaque fois, je passe au premier étage, où je logeais d’avril à septembre 2015 (donc quand j’allais « mieux »), revoir ma chambre, le couloir, les salles de kiné, le local des infirmières… Le hasard a fait que j’y ai vu Eline et Céline. J’avais dit à Eline que j’avais rendez-vous avec le docteur Willemart, et elle devait passer me voir en salle d’attente et puis, super hasard, je la vois à l’étage où j’étais. Keske j’étais contente de la revoir, je lui donne régulièrement de mes nouvelles pas mail, mais là je l’ai vue en « vrai » mdr, on a bien causé, j’ai dit que je m’étais pas rendue compte à l’époque que j’étais dans la chambre 169, « 69, année érotique », on a bien ri, puis elle m’a fait marcher avec mon rolateur pour regarder ma marche (professionnelle jusqu’au bout), puis j’ai regardé toutes les photos des « sorties » de mon étage, et me suis vue lors de la sortie minigolf, à Chevetogne je pense, en 2015. J’ai vu aussi une photo de Véronique, que je vois au Ressort, elle était à Lennox en 2016, donc après moi. Dommage, j’aurais aimé la croiser en chambre et durant les repas.

Je suis allée dans la nouvelle cafet, qui n’existait pas quand j’y étais, car j’étais 45 minutes avant mon rendez-vous. Je pensais prendre une boisson, mais finalement j’ai pris des manons glacées de Léonidas (j’en ai mangé deux fois dans ma vie, chaque fois à Lennox – je parle des manons glacées, les « vraies » manons, j’en ai mangé… euh, je dirais un nombre incalculable de fois)). Je suis allée en salle d’attente à 14h05 et le docteur m’a reçue.

Ce qu’il me dit à chaque visite est « parole d’évangile » (ouais, c’est mon dieu).

Quand il m’a dit que je devais réessayer de prendre le bus, le lendemain j’avais ma carte et deux jours plus tard je réessayais le bus. C’est dur mais j’y arrive et si quelque chose se passe mal, vu mon énoooorme sensibilité depuis l’accident, je pleure bruyamment, je hurle et tout le monde me regarde. Je m’en fous, je ne connais plus la honte.

Quand il m’a dit de recréer une vie sociale, perdue vu que je ne bossais plus, et m’a parlé du Ressort à Gembloux, pour cérébrolésés comme moi, c’est pas tombé dans l’oreille d’un sourd et dès que j’ai pu, j’y suis allée et j’ai rencontré des gens super. J’y vais toujours deux fois semaine.

Il m’a donc interrogée, m’a dit que j’avais pris du poids, pense que c’est car je suis plus zen (moi je pense que c’est parce que je boufffffffffffffe), m’a fait marcher avec et sans rolateur, a confirmé que je marche toujours comme un robot, raiiiiiiiiiiiide, mais j’avance, et je suis plus sûre de moi d’après lui, moins peureuse quand j’avance. J’ai dit que j’étais inscrite aux Jambiens et que j’allais participer aux activités, il était content de savoir que j’avais trouvé ça moi-même, sans être conseillée. Je fais donc preuve d’initiatives, ben comme avant quoi (avant : cours de piano, ateliers d’écriture à La Plante, à Namur, atelier de peinture à la Maison de l’Ecologie…), mais c’est vrai qu’il ne me connaissait pas, avant.

Il m’a demandé si je réécrivais comme avant, j’ai dit qu’un peu, mains moins qu’avant. Et comme une parole d’évangile, ça m’a fait réfléchir et écrire ce (looooooooog, comme avant) billet.

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