28 février 2020 : « Toujours relativiser » – librement inspiré de Rescapé – Sam Pivnik

Copie d’une note du 28 février 2013 :

Depuis quelques jours, je suis plongée dans ce récit aussi horrible que passionnant, celui de Sam Pivnik, l’un des derniers rescapés d’Auschwitz encore en vie.

Avec pudeur et simplicité, il nous raconte l’horreur, l’impensable, l’inimaginable.  J’ai beaucoup vu sur l’holocauste, j’ai déjà pas mal lu également.  Il y a quelques années, un livre m’avait fait ressentir le froid, l’enfer du froid de ces juifs condamnés à l’enfer (ma mémoire défaille, pas moyen de retrouver le titre du livre).  Sam Pivnik me fait ressentir la peur, les odeurs immondes, le quotidien infernal et insupportable, que l’on n’eût pu concevoir dans une fiction, tant cela paraîtrait invraisemblable.  Mais tout cela, vous le savez, et vous allez me dire que c’est un livre de plus sur l’holocauste.  Et moi je vous dis que plus y en aura, mieux ce sera, pour que jamais cet épisode de l’histoire ne tombe dans l’oubli.

Voilà tout ce que je vous dirai sur ce livre, pas envie de faire une big critique ce soir, car j’ai autre chose à vous proposer.

Cet après-midi j’avais mon atelier d’écriture.  Et j’avais l’histoire de Sam en tête, vu que je la lis le matin, le midi, le soir…

Thème du jour : les couleurs.  Exercice du jour, couper chacune un bout de phrase dans un magazine.  Le mien « toujours relativiser ». Et puis, chacune, commencer une histoire avec son bout de phrase, puis, au signal de notre gourou de l’écriture, continuer avec le bout de phrase de notre copine de droite, puis de l’autre, et ainsi de suite.  Improvisation totale, exercice captivant de devoir intégrer ce bout de phrase, paf, comme ça.  Etre cohérente.  Ecrire quelque chose de chouette, comme ça, tout de go.

La vie, le destin, appelez ça comme vous voulez, mais les bouts que j’ai reçus s’intégraient parfaitement à mon récit, ils l’ont complété, façonné, sensation étrange qu’ils tombaient à pic. Ma main s’en souvient encore, tant je grattais comme une damnée.

Et j’ai écrit cette histoire, librement inspirée de la vie de Sam Pivnik, totalement imprégnée de sa vie.  Pas de relecture, ni de correction.  Je vous la livre brut de décoffrage.

Et maintenant, j’ai envie de peindre quelque chose sur ce texte.  Oui passque je m’amuse à étaler des couleurs sur des toiles en ce moment, totalement régressif, j’adore.

 (Les bouts de phrases sont en italique, pour vous permettre de les retrouver au fil de la lecture).

« Toujours relativiser ».  Tel était son leitmotiv depuis des années. Mais comment relativiser lorsque tout s’écroule, lorsque la vie ne tient qu’à un fil, lorsque la balle du SS est en permanence à portée de pistolet, lorsque la seule couleur envisageable, hormis le noir, le gris, le noir, le noir, le noir, le noir, est le jaune, celui de cette étoile qui gangrène son  uniforme strié de blanc et de bleu sale.  « Toujours relativiser », se répétait-il le matin, sortant les cadavres de la nuit, le midi sans repas, orientant les nouveaux arrivées à droite ou à gauche, selon leur capacité à survivre ou non, critères allemands obligent.  « Toujours relativiser », se répétait-il le soir, en se couchant, épuisé par cette journée, mais finalement heureux d’être encore en vie, d’avoir reçu ses 334 calories quotidiennes, de pouvoir plonger dans ce sommeil sans rêve.

Sans rêve ?  Pas toujours.  Cette nuit, il rêva de chocolat.  Jamais on ne se lasse du chocolat.  Jamais on n’oublie le chocolat, même après huit mois de navets et de patates.  Le chocolat chaud de sa mère, qui pansait ses blessures de gamin.  Un rêve aigre-doux.  Un rêve comme une caresse.  Celle de l’enfance.  Un rêve comme une gifle.  Celle de la réalité holocaustienne.  Celle du froid, aussi, une fois la porte ouverte par le kapo hurlant « schnell schnell ».

Et une nouvelle journée sans couleurs qui commençait.  Une journée sans amitié aussi.  A Auschwitz, point d’ami.  Pas le temps.  Il avait déjà perdu sa famille.  Perdue de vue.  Perdue de vie aussi, il le sentait.  Nul besoin de s’attacher alors inutilement à quelqu’un qui risquait de disparaître, paf, d’un coup de crosse, d’un coup de feu, d’un coup de typhus.

« Secouez vos puces« , hurla le kapo d’une voix agressive, le sortant de sa légère torpeur, « bande de juifs, bande de parasites immondes ».  Alors il accéléra le pas vers la rampe, ne pas sortir du rang, baisser la tête, se faire le plus petit possible.  Même si, tout au fond de lui, là, dans son cœur, dans ses tripes, il était grand.  Il n’était pas ce parasite immonde.  Il était juif.  Juste juif.  Ah ben voilà, il repartait dans sa torpeur, comme si c’était le moment, alors que le train suivi de ses wagons à bestiaux puants entrait en gare.  Les chiens grondaient déjà d’impatience.  Les portes s’ouvrirent et le flot humain se déversa sur le quai.  Le tri commençait à peine qu’il la reconnut.  « Nathalie était plutôt discrète« , mais il la reconnut.  Nathalie, c’était les couleurs de sa vie.  Nathalie, c’était la saveur du chocolat.  Nathalie, c’était son passé, ses joies, sa vie.  Sa vie d’avant.  Sauf que Nathalie était une femme.  Sa femme.  Du moins dans ses rêves les plus fous.  Mais ici les femmes n’avaient pas leur place.  Elles étaient toutes, sans exception, destinées à la file de gauche.  Celle des vieillards, des enfants, des femmes.

Alors, il lui prit tendrement la main, s’assurant qu’aucun SS ne pût le voir, il croisa son regard et, silencieusement, tenta d’y faire glisser toute la tendresse du monde, celle qui avait dû lui manquer depuis tant d’années de souffrance et de répression.

Il ne sut pas si elle le reconnut on non, mais il sut que, pour ses dernières minutes de vie ici bas, elle avait reçu une dose d’amour, par une simple pression de sa main.  Alors, il se dit que c’était sans doute la raison pour laquelle il avait atterri ici : Nathalie.  Qui, dans quelques instants, en aurait fini de cet enfer.  Et il pensa « nous sommes programmés pour être bons, non ? »  Non ?  Non !

« Toujours relativiser », conclut-il, poussant légèrement Nathalie vers là-bas, vers la chambre à gaz.

26 février 2020 : quand on n’a pas de tête…

Je suis montée au premier étage en monte escaliers pour chercher un truc précis : ma prescriptions de verres de lunettes que j’ai rangée (miracle je sais où, j’ai un ordre fou pour les papiers, factures, fiches de paie – bon ça c’était avant – and co).

J’en ai profité pour monter avec plein de trucs : un sac, 12 rouleaus de papier cul, un marteau, des clous…

J’ai rangé le papier cul dans ma sdb, cloué le clou (logique), tout remis dans mon sac pour descendre, et me suis installée sur mon monte escalie en me disant « Je montais pour quelque chose non ? Clouer ? »

C’est une fois que mon monte escalier, qui portait mal son nom, là c’est plutôt un descend escalier, était en bas que je me suis dit « meeeeeeeeeeerde, je montais pour ma prescription, je l’ai oubliée ».

Morale de l’histoire (que je disais déjà dans ma première vie, tant j’oubliais tout) : quand on n’a pas de tête, il faut des jambes…

Oui mais, quand on n’a plus trop de jambes, et qu’on n’a encore moins de tête qu’avant, on fait quoi ?????

J’aime bien celle-là, de chez Polette, non (merci ONPP de me pousser à dépenser)maya flower front view

23 février 2020 : dure de la comprenur

J’ai toujours été un peu dure de la comprenur, mais là c’est pire…

Il aura fallu plus de deux mois. J’ai pigé le 21 février 2020 pourquoi j’étais seule le 20 décembre 2020 pour « fêter » les cinq ans de mon accident. Ben oui, c’est quand même un anniversaire, bon on ne le fête pas, on le célèbre, et je n’avais pas envie d’être seule. Mais malgré ma demande, je l’ai été.

Car c’était un vendredi, et le vendredi je suis une merde. Il aura fallu deux mois pour que la pièce tombe (bon en fait cinq ans, mais je l’ai compris, merci mon cerveau qui récupère un bout de mémoire quand même).

Quand le docteur Willemart m’a autorisée à rentrer chez moi de william lennox en 2015, je crois que je me berçais d’illusions : je pensais guérir totalement, récupérer toutes mes facultés physiques et intellectuelles, rebosser, regérer mes comptes…, bref être comme avant. C’est ce que je crois avec le recul, vu que j’étais ravie de rentrer enfin chez moi, mais avec le temps je réalisais combien c’était vraiment dur et mon moral fut bof.

Maintenant j’ai réalisé que c’était foutu définitivement : je resterai handicapée, mon cerveau va mieux par rapport à 2015, mais je ne récupérerai jamais tout, même si je pense mieux qu’avant, si si je le sais. Enfin je pense le savoir mdr.

22 février 2020 : Chambre avec vue

Mon moyen de transport d’hier, qui fera partie de l’expo Chambre avec vue, le Titanic (ouais c’est un moyen de transport de merde, comme mon rolator quoi mdr, ouais je sais il a quatre cheminées mais j’ai toujours pas le compas dans l’oeil pour les mesures et comme j’avais tout mal calculé Annecke m’a dit « trois ça suffira non ? », et voilàààààààààààà… avec mes trois ville préférées : Namur (Jambes), Paris et Venise (ouais en haut c’est Paris, on m’a dit de mettre la tour Eiffel, c’est plus parlant, je trouvais ça con mais j’y réfléchis…).

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Et mes trois créations sur le thème « mobilité ».

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20 février 2020 : ma création à l’atelier d’hier de Kati aux soeurs Notre-Dame

J’ai choisi les phrases que j’adore dans le stock de magasines que Kati avait apporté, surtout dans happyness spécial maison, superbe, étonnamment j’ai mis six phrases parlant fleurs prises sur le calendrier de Kati, alors que j’ai toujours détesté les fleurs en bouquet car elles sont mortes (j’aime en pot mais j’en n’ai plus because cats et dans ma cour j’ai plus que des fausses depuis mon accident)

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6 février 2020 : po-si-ti-vons

Super positives les news RTL reçues par mail, je comprends pourquoi j’ai jamais regardé le JT :

« Une adolescente renversée par une voiture à Anderlecht: Le chauffard qui roulait à vive allure ne s’est PAS ARRÊTÉ »

 « Drame au commissariat de Charleroi: un homme retrouvé mort dans un des cachots »

 « Gaëtan, 17 ans, avait violé puis tué son amie sur le parking d’Anderlecht: il est condamné à 23 ans de prison »

 

« Maëlle, 14 ans, s’est donné la mort: le harcèlement scolaire est évoqué »